Le Cutty Sark

 

Article paru dans: LONGUEIL INFO JUIN 2010

 

 

 

Cutty sark

Je présente ici le modèle Cutty Sark

Ce modèle me vient de feu mon beau père. Le modèle lui avait été offert par son ami Mr Foscolo, ingénieur chimiste à Caudebec lès Elbeuf, et modéliste naval connu dans la région. Tous deux normands aimaient la mer, la pêche, et les bateaux.

Ce modèle quelque peu dégradé, a été restauré avec l'aide experte de Joël Vala, modéliste expérimenté.

Le Cutty Sark est un modèle intéressant. Il est l'un des derniers clippers, assurément le plus célèbre. Il y a eu des clippers plus grands, certains ont été construits avant lui, d'autres après lui, mais ce navire a été le plus connu. Les clippers eux-mêmes sont des navires étranges, car ces bateaux sont plus modernes que les cargos à charbon-vapeur. Comment expliquer cet anachronisme ? Cela tient à deux raisons : Tout d'abord, le charbon n'était extrait qu'en Europe. Il n'était donc pas possible d'aller en mer de Chine et d'en revenir avec un vapeur, car on ne pouvait pas y faire le plein. D'autre part les mers chaudes détruisaient les bateaux en fer en quelques années et les coques se couvraient de concrétions, alors que les bateaux en bois doublés de cuivre ne rouillaient pas et restaient propres. Il faudra de nombreuses années pour qu'on invente les peintures qui permettent aux navires en fer de supporter les mers chaudes, et pourtant encore aujourd'hui, les navires n'ont pas une durée de vie supérieure à 20 ou 30 ans. Il y avait donc une nécessité à avoir des cargos à voile à coque en bois pour les voyages au long cours, et spécialement vers la mer de chine.

Ces navires firent donc des navettes rapides vers les zones commerciales hors du rayon d'action des vapeurs : Le thé avec la Chine, la laine avec l'Australie, le sucre avec les Philippines.

Ensuite, il est vrai que ces bateaux étaient rapides. Leur forme de coque était conçue, non pas pour sauvegarder le navire des paquets de mer, mais pour que le bateau reste en ligne sans bouger, et éventuellement se fasse propulser par les vagues au vent arrière : Effilé devant, rond derrière. Ces navires couverts de toile, utilisés dans des conditions épouvantables, toilés quoiqu'il arrive dans les ouragans, faisaient des records de vitesse au prix de pertes humaines élevées. Par rapport à la navigation d'aujourd'hui, les traversées étaient irrégulières. Le temps calme ne permettait pas de naviguer rapidement. Aussi les routes de ces navires privilégiaient elles les zones dangereuses. La traversée Londres-Sydney représentait 100 jours avant le Cutty sark. Ce navire la réalisa presque chaque année en 90 jours.

Le cutty sark a été commandé dans les années 1860 par un armateur qui voulait ce qu'il y avait de mieux. Sa construction est très particulière. La charpente très moderne et robuste, et la mature sont entièrement en acier, car cela était moins cher que le chêne devenu trop rare en Angleterre. Le bordé est fait en bois de teck de 15 cm d'épaisseur boulonné sur la charpente. Ce bois gras ne pourrit pas, et c'est pour cela qu'on en fait aujourd'hui des salons de jardin. Chaque extrémité de planche était sertie par un renfort de métal. La coque était entièrement doublée de cuivre. La voilure de 3000m2 était réputée fournir l'équivalent de 3000 chevaux.

Ce bateau, après avoir été mal commandé pendant plusieurs années, fut confié à un capitaine qui s'attacha à lui, le modernisa par un équipement de pont optimisé, une mature un peu réduite, et su en tirer le meilleur. Cela permit à ce navire de naviguer pendant cinquante ans sans difficulté, ce qui est exceptionnel, et de finir sa carrière en aussi bon état que s'il avait été neuf. En 1922 il était encore en service à 53 ans d'âge. Il servi ensuite de navire école jusqu'en 1954 où il ne fut pas détruit, mais fut placé dans une cale sèche à Greenwich où on peut le visiter.

Le Cutty Sark, dans des conditions de fort vent pouvait atteindre 16  nœuds. Il eut presque tous les ans le record de la traversée Sydney-Londres. Le 25 Juillet 1889, il rencontre le nouveau paquebot à vapeur le Britania considéré comme le bateau le plus rapide de l'époque, et comme le vent forcit garde toute la toile, le dépasse dans la nuit. L'officier de quart du Britania réveille son capitaine pour lui signaler qu'un navire inconnu le double à une vitesse estimée de 17 nœuds. Le lendemain, le Britania entre en rade de Sydney et trouve le Cutty Sark en train de décharger.

Texte de Christophe GOUZOU : membre du club C.M.L

 

 

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François FOURNIER Président du Club

 

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Date de dernière mise à jour : 27/01/2018